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Lire l'abaque d'une grue en tonnes-mètres

Engins & Matériel3 minutes de lecturePar la rédaction de camiongrue.fr

Courbe de charge d'une grue de 10 t·m : la charge admissible baisse quand la portée augmente1 t2 t3 t4 t5 t2 m4 m6 m8 m10 m12 m10 t·m : charge × portéela vraie courbe tombe plus vitePORTÉE (m)

3,9 tonnes à 8 mètres, 0,75 tonne à 28 mètres. Ce sont deux points de l’abaque d’une même grue auxiliaire de 32 tonnes-mètres, tels que les publie le comparateur location-grue.com. Faites le produit : 3,9 × 8 = 31,2 t·m, mais 0,75 × 28 = 21 t·m. La grue ne garde pas sa force en bout de flèche. L’abaque est le document qui le dit, et c’est lui qui fait foi.

Le moment, unité de compte des grues

Une grue auxiliaire se vend par son moment de levage : la charge multipliée par la portée, exprimée en tonnes-mètres (t·m) ou en kilonewtons-mètres sur les fiches techniques. Le constructeur HMF, par exemple, annonce des grues de 3 à 95 t·m. Une grue de 10 t·m lève en théorie 2 t à 5 m, 1 t à 10 m.

Ce chiffre est un maximum, atteint dans une configuration précise : souvent flèche principale à une portée courte, stabilisateurs complètement sortis. Il sert à classer les grues entre elles. Il ne suffit pas pour décider d’un levage.

La courbe, ou le tableau

L’abaque se présente de deux façons. En courbe, la grue est dessinée de profil avec ses positions de flèche, et des arcs indiquent la charge admissible à chaque portée et chaque hauteur. En tableau, chaque ligne donne une portée et la charge permise en face, parfois pour chaque nombre de rallonges sorties.

Pour lire :

  1. Trouver la configuration du jour : nombre de rallonges hydrauliques sorties, jib monté ou non, treuil ou crochet direct.
  2. Trouver la portée réelle, mesurée de l’axe de rotation de la grue au centre de la charge.
  3. Lire la charge admissible en face. Si la portée tombe entre deux lignes, prendre la ligne de la portée supérieure, donc la charge la plus faible.
  4. Comparer avec la charge au crochet : charge plus crochet, élingues, palonnier ou fourche.

Pourquoi la courbe tombe plus vite en bout de flèche

Si le moment restait constant, la charge admissible suivrait une hyperbole : deux fois la portée, deux fois moins de charge. Les abaques réels descendent plus vite que cela quand on approche de la portée maximale. Trois raisons :

  • les rallonges sorties ont leur propre poids, porté loin de l’axe, qui consomme une partie du moment ;
  • la flèche fléchit sous la charge et la portée réelle augmente pendant le levage ;
  • au-delà d’une certaine portée, ce n’est plus la résistance de la grue qui limite, c’est la stabilité de l’ensemble camion-grue.

C’est ce que montrent les deux points du début : 31,2 t·m disponibles à 8 m, 21 t·m seulement à 28 m.

Le limiteur de moment

Une grue de chargement moderne surveille en permanence le moment appliqué, au moyen de son limiteur de moment, asservi à la configuration de la grue. Quand on approche de la limite, il bloque les mouvements qui aggravent la situation (lever, sortir les rallonges, descendre la flèche) et n’autorise que ceux qui la soulagent. Le référentiel du CACES R490 en fait un point d’évaluation.

Le limiteur est une sécurité, pas un outil de travail. Lever « jusqu’à ce que ça coupe », c’est découvrir la limite avec la charge en l’air.

Côté, arrière, cabine : l’abaque n’est pas le même partout

Sur beaucoup de grues, la capacité varie selon la direction de travail. Au-dessus de la cabine ou sur un côté où le porteur est moins stable, l’abaque peut être réduit. Les notices le précisent, parfois avec un schéma en secteurs autour du camion. Vérifiez le secteur dans lequel la charge va passer, pas seulement le point de dépose.

Le dernier mètre

Avant de lever, faites l’exercice à l’envers : à partir de la charge au crochet, cherchez sur l’abaque la portée maximale autorisée, et comparez-la à la distance mesurée sur place. Si l’écart est mince, rapprochez le camion ou changez de grue. Pour voir l’effet d’un mètre de plus sur la charge, le calculateur trace la courbe simplifiée à partir d’un point de votre abaque. Pour la différence entre grue auxiliaire et grue mobile, voyez la fiche dédiée, et pour ce qui pend sous le crochet, les élingues.

Sources