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Plan de levage : ce qu'on écrit avant de lever

Industrie & Manutention3 minutes de lecturePar la rédaction de camiongrue.fr

Schéma d'un plan de levage vu de dessus : camion calé, zone d'évolution de la grue et point de posePOSEZONE D'ÉVOLUTION

Un plan de levage, c’est ce que le chef de manœuvre a dans la tête, mis sur une feuille pour que tout le monde ait la même chose dans la sienne. Pour une palette posée au pied d’un camion, il tient en quelques lignes. Pour une coque passée par-dessus une maison ou une poutre levée en ville, il prend une page, un croquis et des signatures.

Il n’existe pas un modèle unique que toutes les entreprises utilisent. Le contenu, lui, revient toujours.

1. La charge

  • Son poids, avec la source du chiffre (fiche fabricant, bon de livraison, pesée).
  • Ses dimensions et la position de son centre de gravité.
  • Ses points de levage prévus, et ce qu’on ne doit pas faire (lever par les bords d’une coque, par exemple).
  • Sa fragilité et sa prise au vent : une plaque ou une coque se comporte comme une voile.

2. La grue et ses accessoires

  • Le type de grue et sa classe (tonnes-mètres ou tonnes), sa configuration du jour : rallonges, jib, treuil.
  • Les accessoires : élingues (type, CMU, longueur), palonnier, manilles, avec leur poids.
  • La charge au crochet : charge plus accessoires.
  • La date de la dernière vérification générale de la grue et des accessoires.

3. La géométrie

C’est le cœur du plan, souvent un croquis vu de dessus.

  • La place de calage du camion, stabilisateurs sortis, avec la nature du sol sous chaque appui et les plaques de répartition prévues.
  • La portée maximale de l’opération, mesurée de l’axe de rotation au point le plus éloigné atteint par la charge, et la hauteur à franchir.
  • La lecture de l’abaque à cette portée et le taux d’utilisation qui en résulte.
  • La zone d’évolution : tout l’espace balayé par la flèche et la charge, qu’on balise et qu’on interdit.

4. L’environnement

  • Les lignes électriques et leur tension, avec la distance à respecter : 3 mètres jusqu’à 50 000 volts, 5 mètres au-delà, d’après l’arrêté du 5 juillet 2024, en tenant compte du balancement de la charge.
  • Les autres obstacles : bâtiments, arbres, autres grues, circulation.
  • La voie publique : autorisation de la commune, balisage, déviation des piétons.
  • La météo : le vent maximal admis par la notice de la grue, et qui décide d’arrêter.

5. Les rôles

Le référentiel du CACES R490 distingue le conducteur, le chef de manœuvre, le signaleur et l’élingueur. Sur un petit chantier, une même personne tient parfois deux rôles ; le plan dit qui fait quoi, nommément.

  • Qui élingue, et qui vérifie l’élingage.
  • Qui donne les ordres au grutier, et par quel moyen (gestes, radio). Une seule voix.
  • Qui surveille la ligne, la rue, le voisin.
  • Qui peut arrêter l’opération. La réponse est toujours : tout le monde.

6. Le déroulé

L’ordre des opérations, du calage au repli : levage à vide d’abord pour vérifier les trajectoires, levage de quelques centimètres pour vérifier l’équilibre, trajet, pose, désélingage. Et ce qu’on fait si un critère tombe en cours de route (vent qui se lève, charge qui tourne, ligne trop proche) : poser, arrêter, attendre.

Qui le rédige, qui le signe

Le plan est en général rédigé par l’entreprise qui réalise le levage, à partir des informations du client et d’une visite sur place. Le client y contribue par ce que lui seul connaît : le poids exact, les réseaux enterrés, les accords des voisins. Faites-vous remettre une copie : c’est le meilleur moyen de vérifier que vos informations y sont.

Le dernier mètre

Le jour J, avant de lever, relisez le plan à voix haute avec l’équipe, croquis en main, et cochez chaque ligne sur place, pas au bureau. Si une valeur a changé depuis la rédaction, le plan se corrige avant le levage. Pour les distances aux lignes, voyez la fiche dédiée ; pour l’abaque, comment le lire ; les autres règles sont dans Sécurité et règles.

Sources